La lune accrochée dans le ciel, si grosse et si brillante qu'on aurait pu croire qu'elle nous enviait d'être humains, parce que l'impression qu'elle donnait, c'était celle qu'elle tentait de descendre avec nous sur le plancher des vaches. Comme elle allait être triste, lorsque dans 4 heures, elle allait se noyer encore une fois dans l'immense océan, sans jamais avoir respiré les fleurs, effleuré le vent. Mais qui donc est assez coupable pour mériter cela? Qui, lorsque le monde fut créé, se fit désigner le rôle de tourner comme une louve autour de sa proie, sans jamais se faire accordé son droit? Qui donc mérita de se plaindre pour toujours, de naitre chaque fois, qu'à la fin du jour pour mourir sans une trace à l'orée du matin; et chasser la nuit, comme l'homme gagne le pain?
Je suis si triste pour elle, le soleil doit lui manquer, son amant interdit. Elle doit être si seule, la pauvre, et elle n'a pour copines que les lointaines étoiles, qui gloussent et disparaissent aussitôt qu'elle approche. Et puis il y a nous, qui la contemplons, mais qu'en sait-elle, que nous la trouvons jolie? Et que pourrait-on lui apporter, après tout, c'est tout de même la lune, reste qu'on ne peut pas la décrocher pour la lui donné comme on ferait entre nous, je ne crois pas qu'elle serait très flattée de se recevoir en cadeau.
Je crois que je vais lui envoyer une carte postale d'une journée de pluie, comme ça elle pensera qu'elle ne manque rien à ne vivre que la nuit...