N'y a-t-il rien de plus dramatique qu'un bateau qui ne quitte jamais son port; sinon celui qui part pour ne jamais revenir.

N'y a-t-il rien de plus dramatique qu'un bateau qui ne quitte jamais son port; sinon celui qui part pour ne jamais revenir.
Je crois qu'il faut avoir aimé, aimé jusqu'à en perdre la tête, jusqu'à défier toutes les rationalités possibles, aimé jusqu'à mourir de peur, de faim. Aimé jusqu'à ne plus voir devant soi et chercher dans le noir un phare trop lointain.

Aimé par dessus les tempêtes et les intempéries, aimé au travers des brumes et des raz de marées, en survivant toujours, comme d'illustres naufragés qui ont traversé la mer pour revenir en vie.

Aimé parce que c'est tout ce qu'il restait à faire et tout ce qu'il fallait accomplir, parce que sans amour tout était perdu et nous aurions coulé à pic avec le navire.

Il faut avoir aimé plus qu'on ne peut le concevoir, aimé plus qu'on ne pouvait le faire. Malgré les nombreux boulets des voiles noires envoyés injustement pour nous contraindre à la colère.

Aimé la nuit, le jour, le matin, le soir,
l'été, l'hiver, les jours de pluie et de beau temps.
Aimé dans la fatigue et dans le désespoir, aimé... jusqu'à l'effondrement.

Je crois qu'il faut avoir aimé jusqu'à haïr l'amour pour comprendre ce que c'est que de se détester soi-même, d'avoir tant aimé et d'avoir décidé de ne rien faire le jour où cet amour a sauté par dessus bord.

Et si je parle d'amour comme je ne réussis pas à le faire autrement, c'est parce qu'à quelque part, endormi, il est encore vivant; comme un bateau fantôme qui ère tranquille sur les flots égarés d'une mer plus clémente.



"Do you want to see
The place where I was free?
Cause in my mind I've been there
And there's no one here but me
"

photo: touched by zoemon

titre et texte: A.G.

# Posté le dimanche 26 avril 2009 23:35

Modifié le lundi 11 mai 2009 23:22

life is one fucking beauty contest

life is one fucking beauty contest
TTTTTUne nuit étoilée dans ton regard,
TTTTTUne robe d'encre, des souliers de verre,
TTTTTDanse, danse, il n'est pas tard.
TTTTTQuand minuit sonnera, j'éteindrai la lumière.

TTTTTEt tu partiras, sombre inconnue,
TTTTTVers les étoiles par des chemins secrets,
TTTTTMordre à pleines dents dans un fruit défendu.
TTTTTSans regarder derrière, sans aucun regret.

TTTTTEt sur ta lune lointaine n'oublie jamais,
TTTTTDe baisser les yeux pour me regarder encore
TTTTTCar je pense à toi, même où tu es,
TTTTTDansant dans la nuit sur un météore.




Jupiter, Jupiter, mais qui suis-je?TTTTT
Je ne connais plus celui qui m'habite.TTTTT
Est-ce un ange? Car j'ai le vertige.TTTTT
De quitter l'atmosphère et entrer en orbite.TTTTT

a.g.

# Posté le dimanche 08 mars 2009 22:36

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 20:02

Adieu, aux arbres mouillés de septembre, à leur soleil de souvenir.

Adieu, aux arbres mouillés de septembre, à leur soleil de souvenir.
J'ai une mémoire olfactive tristement efficace. En fait, je ne sais pas identifier les odeurs, je ne sais pas les retenir, ni les décrire. Je ne suis pas quelqu'un qui a un nez excellent, pour tout vous dire.

Mais, d'entre toutes mes facultés extraordinaires, je me dois de souligner avec amplitude le talent notoire que j'ai d'associer à toi tout ce qui s'en rapproche de près, de loin.

Et c'est pourquoi, ce matin, lorsque, m'en allant braver une tempête de neige aussi farouche qu'imperceptible, je mis un baume à lèvre. Au lait de chèvre. Un amer baume, un baume mal odorant, un baume à vous faire convulser les alvéoles pulmonaires. Un baume à lèvre qui goute véritablement mauvais. Un baume à lèvre qui m'avait été prescrit quelques mois auparavant par un médecin pour une quelconque raison. Une mauvaise raison, sans aucun doute.

Bref, un baume au lait de chèvre malodorant, disais-je.
Ce même baume que quelques années avant, le temps d'un été, le temps d'une semaine, le temps d'une éternité aussi, j'avais entrepris de supporter, au grand désarrois d'un amour d'été qui n'avait point plus grande estime de ce baume sur mes lèvres que moi. Et, puisque je ne mis plus jamais ce baume, puisque je n'ai jamais revu ce baume, ni perçu son odeur depuis, puisque tu es la seule personne qui, à tout jamais, m'a connu portant ce maudit baume à lèvre, il m'a été facile de l'associer à toi, d'associer son flux de mauvais souvenirs et d'amères déceptions, de tout relier.

Et lorsque, ce matin, j'ai retrouvé ce baume et que la très mauvaise entreprise de l'appliquer sur mes lèvres m'est passée par la tête, lorsque j'ouvrai le bouchon rouge et apposai ledit baume sur ma bouche desséchée, je la sentie tout de suite bouger, frémir, tousser, cherche quelque chose, quelqu'un. Un baume au lait de chèvre, jaune et rouge. Jaune soleil. Rouge sang. Un été de remous, de chaleurs, un été éternel, quoi que j'y fasse.

Un seul coup de baume à lèvre pour une saison de chagrins.
Une seule seconde de perception olfactive, un seul instant de trop à me replacer les idées.

Et voilà, je suis revenu, retombé, je suis encore là, à tes cotés.

Et l'autre jour, quelqu'un qui avait ton parfum...
Quel voyage.

Je ne suis pas guéri, je ne le serai jamais.
Que veux-tu, on apprend.
Pas à le surmonter,
non,
à vivre avec.


L'adieu ressemble à ces marées
Qui viendront tout ensevelir
Les marins avec les mariées
Le passé avec l'avenir

D. Barbelivien


(désolé pour les commentaires laissés muets, mais ils ne sont pas encore validés, je ne saurais tarder à vous répondre)

# Posté le dimanche 22 février 2009 22:08

Modifié le samedi 05 septembre 2009 21:34

A thousand splendid suns

A thousand splendid suns



Comme un soleil qui se couche sur un empire disparu,
je me suis enfui du paradis perdu.

J'ai rapporté des photos, des carnets de voyages,
Des souvenirs de la mer et de ses rivages.

J'ai rapporté des anges faits de porcelaine,
Un sourire détaché pour masquer la peine.

Je suis revenu parce que j'avais oublié
Des minutes de ma vie dans le sablier

Des minutes égarées, des regrets de plus,
qui reviennent me hanter à tous les coins d'rue.

Je suis revenu parce que j'avais oublié,
une ancienne connaissance dans un cadre effacé,

Ton sourire qui se confond dans les murs de ma chambre,
Tes yeux qui regardent un horizon repeint.
Et les feuilles d'un arbre de septembre,
Qui s'envolent et se perdent dans un ciel de satin.

Et, d'où je suis, j'aperçois le monde,
Ses confins merveilleux et ses coins les plus sombres.

Je te cherche encore, par delà les nuages,
À travers le monde et mes nombreux naufrages.

Des paysages de verdure aux sommets montagneux,
La nuit comme le jour, pour des ciels plus bleus.

© a.g.

Je ne sais pas à qui j'ai dédié ce texte,
Mais j'aimerais tant.

# Posté le vendredi 06 février 2009 23:13

Modifié le samedi 05 septembre 2009 21:41

Celui qui a peur de souffrir souffre déjà de ce qu'il craint

Celui qui a peur de souffrir souffre déjà de ce qu'il craint
Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais,
je sens que cela ne se peut exprimer qu'en répondant:
«Parce que c'était lui, parce que c'était moi

- Montaigne -

# Posté le jeudi 29 janvier 2009 23:05

Modifié le samedi 05 septembre 2009 21:34