Parce que mes anciens murs étaient déteints, ils étaient mats, ils étaient défraichis, rongés par le temps, l'amertume et la nostalgie. Le genre de choses que l'on range dans un pièce que l'on ne peut pas ouvrir. Parce que j'avais besoin de renouveau mais que je hais le changement. Je suis tellement prévisible. J'ai repris la même couleur, remplacé ta teinte fantomatique par l'incandescence. J'ai troqué mon fantôme d'amour pour une étoile lointaine. Une étoile polaire, une étoile bleue comme le ciel de juillet. Et je retombe encore, je nous revois par cet été tumultueux, par ces temps de chaleur. Je nous revois encore, mais je ne t'aime plus. Aujourd'hui je t'ai échangé, je t'ai vendu . Pas contre quelque chose de mieux certes, ni contre pire, cela va sans dire. Non, contre rien de bien différent, après tout. Les fantômes et les étoiles ont ce lien en commun: tout aussi visibles sont-ils, on ne peut les atteindre.
J'en aime un autre. Avec tes yeux, avec ta bouche, avec ton visage. J'aime la même personne. Et ce n'était pas toi, finalement. Non, moi je suis amoureux d'un personnage imaginaire qui change de nom. Et cette créature à laquelle je rêve désormais, que j'aperçois le matin, que je désire le soir. Ce personnage, toujours si lointain, dont je suis épris, à mon grand désespoir.
Mon ciel de violettes, mon glacier céruléen,
Je te prie de regarder mes yeux,
Chasse moi de mes rêves aériens.
Brasse mes cheveux de ton souffle austral,
Mais où es-tu, mon amour,
...mon aurore boréale?

