Bleu

Bleu
J'ai repeint mes murs. Ces murs intérieurs, qui n'ont pas d'accès, qui n'ont pas de lumière. Aucun lustre, aucune porte, rien qu'une pièce noire et fermée, secrètement colorée. Repeinte. Repeinte avec la même couleur qui porte un différent nom. Encore bleu, bleu marin, bleu étincelant, bleu, bleu pour toujours.

Parce que mes anciens murs étaient déteints, ils étaient mats, ils étaient défraichis, rongés par le temps, l'amertume et la nostalgie. Le genre de choses que l'on range dans un pièce que l'on ne peut pas ouvrir. Parce que j'avais besoin de renouveau mais que je hais le changement. Je suis tellement prévisible. J'ai repris la même couleur, remplacé ta teinte fantomatique par l'incandescence. J'ai troqué mon fantôme d'amour pour une étoile lointaine. Une étoile polaire, une étoile bleue comme le ciel de juillet. Et je retombe encore, je nous revois par cet été tumultueux, par ces temps de chaleur. Je nous revois encore, mais je ne t'aime plus. Aujourd'hui je t'ai échangé, je t'ai vendu . Pas contre quelque chose de mieux certes, ni contre pire, cela va sans dire. Non, contre rien de bien différent, après tout. Les fantômes et les étoiles ont ce lien en commun: tout aussi visibles sont-ils, on ne peut les atteindre.

J'en aime un autre. Avec tes yeux, avec ta bouche, avec ton visage. J'aime la même personne. Et ce n'était pas toi, finalement. Non, moi je suis amoureux d'un personnage imaginaire qui change de nom. Et cette créature à laquelle je rêve désormais, que j'aperçois le matin, que je désire le soir. Ce personnage, toujours si lointain, dont je suis épris, à mon grand désespoir.



Mille larmes, mon océan si bleu.
Mon ciel de violettes, mon glacier céruléen,
Je te prie de regarder mes yeux,
Chasse moi de mes rêves aériens.

Brasse mes cheveux de ton souffle austral,
Mais où es-tu, mon amour,
...mon aurore boréale?

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 01:55

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 20:19

Sun sets over fields, over mountains and over sea, but never does the sun set over me

Sun sets over fields, over mountains and over sea, but never does the sun set over me


C'est un vide, presque imperceptible. Proprement insupportable. Une manque, comme une rivière qui ne coule plus, une gorgée d'eau salée. J'en ai eu, j'en veux encore, toujours. Mais mon étendue s'est asséchée, comme une serviette humide que l'on tord jusqu'à en extirper la toute dernière goutte. Et je n'en ai plus, désormais.

C'est une fosse démesurée dans le creux de mon lit, une fraicheur désagréable dans la courbe de mon cou, une légèreté scandaleuse sur mon épaule. J'ai besoin de te revoir, de te sentir. Toutes ces recherches inavouées dans les profondeurs de ma mémoire, pour en ressortir nos souvenirs. Tes mains? tes yeux. Bleus. Bleus pour toujours, jusqu'à m'en glacer le sang, à me couper le souffle, un océan de mystère, un océan dans lequel je me noie volontairement. Je m'y échoue, je m'y égare, je m'y perd comme on coule les navires, comme on découvre les trésors, je suis un vestige devant ton regard. Mais je n'y suis pas encore, à ce jour où je trouverai la force d'admettre que je t'ai aimé, comme il n'est pas permis de le faire. Que je t'ai aimé comme on n'aime pas deux fois. Que je t'ai aimé jusqu'à m'en arracher le c½ur. Et que toi, toi tu ne m'aimais pas.

Je ne sais pas, cependant. Je te revois, j'aperçois encore tes yeux, tes iris si bleus. Mais je ne les reconnais pas, il ne sont pas empreint de la couleur que je décelais, de l'éclat que je leur connaissais. Personnage étranger qui me vient d'un pays lointain, qu'il y a fort longtemps, j'ai cru aimé. Mais j'ai mal lu. Je suis tombé amoureux de quelqu'un qui n'existe plus.

Un dernier battement de cils, encore tes yeux. Était-ce un au revoir?

un adieu.


(J'en ai assez de parler de toi. De toujours revenir sur ton cas. Je veux te laisser partir, loin de ma vue, "comme des navires de mer qui je sais, je sais, n'existent plus")

# Posté le samedi 03 janvier 2009 02:43

Modifié le samedi 05 septembre 2009 21:44

Don't Wake Me Cause I'm Dreaming Of Angels On The Moon

Alors que je revenais à pied, à une heure tardive, de l'endroit où j'offre mes services en échange de dinero, je bravais la tempête armé d'un chocolat chaud, je bravais la tempête un pied après l'autre contre les sillons de neige. Et ce n'est que d'interminable minutes plus tard que je frappai le pas de porte, sur le seuil d'une mort tragique et silencieuse, ce n'est que d'interminables minutes plus tard que la chaleur de mon foyer m'arracha doucement à mes réflexions solitaires que j'avais entretenues avec mon agréable compagnie lors d'une froide nuit de décembre.

Je me disais, en mon profond moi-même, "où vont ces gens qui traversent les routes par ce temps rigoureux? Où vont-ils ces égarés du cosmos, ceux qui filent dans la nuit avec la détermination d'un lion affamée et la certitute d'un incertain? Je ne saurais dire s'ils ont une bonne raison d'aller là où ils vont; certains sans doute en ont une, d'autres par contre me laissent perplexe."

Et je me dis alors, à un cheveux du trépas; "Nul part. Je ne vais nul part."

Ne changerai-je donc jamais?

Don't Wake Me Cause I'm Dreaming Of Angels On The Moon

# Posté le samedi 20 décembre 2008 00:15

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 20:21

Tu Peux Marcher, Enfin, Sur Les Étoiles. Aspiré. Comme Un Fou, Comme Un Ange. - Claude Dubois

t

"We Accept The Love We Think We Deserve"
- The Perks of Being a Wallflower

t
Tu Peux Marcher, Enfin, Sur Les Étoiles. Aspiré. Comme Un Fou, Comme Un Ange. - Claude Dubois

# Posté le dimanche 09 novembre 2008 23:36

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 20:23

We All Got Wood And Nails, And Turn Out Hate In Factories - Brand New

We All Got Wood And Nails, And Turn Out Hate In Factories - Brand New
Je t'ai aimé tellement longtemps.

J'avais encore, jusqu'à tout récemment, ton visage sur pause en constance dans ma tête.
Un film arrêté sur la même séquence, parce qu'on ne la comprend pas, parce qu'elle nous intrigue, parce qu'au fond, on comprend vraiment bien, mais le fait est que on aurait pas cru comprendre.

Je me croyais tellement loin de toi, j'ai jamais su t'oublier pourtant.
Tes lèvres à tous les jours, tes mains à toutes les heures, et l'air, l'air à toutes les fois.
J'aurais cru mourir enlacé dans tes bras. Toujours est-il que maintenant je comprend et je sais que je comprend et j'admets que je comprend et j'avoue que j'ai toujours compris. Car il ne faut pas simplement savoir, il faut aussi être honnête.

Tu as été quelqu'un pour moi et maintenant, je crois que tu n'es plus que quelque chose.
Je ne t'oublierai pas, c'est certain. Je ferai d'ailleurs de mon mieux, pour me souvenir de toi.


Je ne pense plus à toi tous les jours.


Nous avons tous des grandes espérances, et maintenant, je place les miennes ailleurs que sur toi.

Arrivederci

# Posté le lundi 27 octobre 2008 00:47

Modifié le mercredi 01 juillet 2009 20:24